Une révolution disent-ils ! Ils n'y vont pas de main morte. Quand les médias parlent des médias ils ne font pas dans la
demie-mesure. La radio, la presse, la télé tous nous parlent de cette révolution. Mais est-ce que voir les programmes commencer sans publicités à 20h35 en est vraiment une de révolution ? Ne
serait-ce pas plutôt un mesure de santé publique ?

Je ne suis pas si vieux, mais je
ne suis pas si jeune non plus alors je me souviens d'un temps pas si lointain ou les soirées télévisées commençaient vers 20h35. Au fil des ans l'horaire de début des programmes a été décalé, les
chaines rajoutant de plus en plus de publicités. Allant même jusqu'à inventer des programmes "supports de pubs". Vous voyez ce que je veux dire, ces programmes de 2 min précédés de 3 min de pub et
suivis... de 3 min de pub. Ou ces autres programmes à la fin desquels ont vous propose se participer a un jeu ou il faut envoyer un SMS... surtaxé ou composer un numéro de téléphone...
surtaxé ! Et je ne parle de la publicité déguisée en "sponsoring" d'émission qui n'a d'ailleurs pas été suprimé avec la vraie publicité et qui fait que des spots de "sponsoring" ont été quand même
diffusés hier soir
Sans se lancer dans le débat que pose le problème des recettes disparues en même temps que les annonceurs, je pense qu'on peut être d'accord et trouver qu'une télé sans
propagande publicité... c'est mieux !
Ca va séduire le téléspectateur qui parfois se dit "otage" ou qui au moins répète qu'il "y en a marre" de ces pubs, et les télés privées l'ont bien compris. Hier soir TF1 et les autres ont un peu
bousculé leurs grilles avec des programmes débutant un peu plus tôt que d'habitude, mais surtout avec des pages de publicités plus courtes.
Plus sérieusement, tout ceci soulève un autre problème : quand est-ce qu'on va faire la vaisselle ?
Le français est quand même bien habitué au rythme dicté par la télévision, même s'il a évolué au fil du temps. Le journal télévisé, la météo, le film rythment le repas, la vaisselle, et l' heure du
couché.
L'influence de la télé sur nos rythmes biologiques est indéniable ! En conscience ou non nous avons forcé notre corps a s'adapter a la télévision.
L'exemple de la pause pipi peut être parlant ! Combien attendent la coupure publicité pour aller aux toilettes ?
J'imagine le problème alors que va poser la suppression de la publicité... les vessies vont s'affoler ! (Mais je suis certain que les personnes concernées trouveront une solution)
Le chamboulement le plus important et le plus bénéfique va certainement concerner l'heure du coucher. Logiquement si le programme commence plus tôt il va finir plus tôt. Alors si le téléspectateur
ne se laisse pas séduire par le programme de deuxième partie de soirée il sera au lit plus tôt. Gagnant ainsi au moins une demi-heure de sommeil.

Moi qui pense souvent aux
plus jeunes d'entre nous je vois là pour les enfants et les adolescents l'occasion de limiter la casse en semaine sur leur quantité de sommeil. L'occasion de limiter leur dette sommeil, celle
qu'ils rattrapent comme des marmottes le week-end.
Enfant et adolescent ont besoin de 8 à 10 h de sommeil. Ils les ont rarement, j'ai pu le vérifier en début d'année pendant un cours sur les biorythmes. Et les conséquences du manque de sommeil sont
évidentes et visibles pour certaines comme la somnolence et un peu plus vicieuses et cachées pour d'autres comme l'irritabilité, un surpoids, une mauvaise mémorisation, la taille etc...
Plus tôt ils sont au lit, mieux c'est pour eux.
Le changement d'horaire de la télévision publique aura donc, peut être, cette conséquence surprenante de permettre aux télespectateurs et notamment les plus jeunes d'être moins fatigués. Je ne suis
donc pas loin de penser que faire commencer les programmes de la télévion publique à 20h35 est une mesure de santé publique.
Bien sûr il ne faut pas qu'autre chose prenne la suite de la télévision comme l'ordinateur qui, avec internet, permet, ce que les plus jeunes adorent, de rester en contact avec ses amis et de
discuter avec eux sur MSN ou Facebook. Mais là ce sont les parents qui doivent surveiller ça.
Fabrice Bénard